Il y a des sanglots longs
Qui déversent nos peines.
Il y a des cris muets
Pour les douleurs trop fortes.
Il y a tant de haines
Et de blessures sans noms.
Il y a les phrases mortes
Des enfants suicidés.
Réalités
---
Où la mer déchaînée aux lames de désespoir
T'a fait t'échouer, seule, dans le noir,
Ton corps meurtri, violé, s'est affaissé;
Tu t'es laissée aller, tu voulais te tuer.
Sur la plage de sable fin et gris,
Battue par les vents violents de la Vie,
Ton âme blessée, changée, t'a fait crier.
De tout ton coeur, tu as voulu pleurer.
Et quand le soleil aux rayons de feu
Des ombres des dunes a fait cesser le jeu,
Ton coeur en sang, désespéré, s'est tu;
Et les nuages de ces malheurs ont déserté ta vue.
Sur ces collines ensablées où tu as versé tes larmes,
Malgré toutes ces nuits où tu as rendu les armes,
Tu as vu que tu pourrais relever la tête,
Et qu'enfin tu saurais combattre ton mal-être.
Voilà que la Nuit de nouveau vient,
Avec la Lune qui te veut en son sein.
Et les larmes te remontent aux yeux;
Tu recommences: tu appelles la Mort de tes voeux.
Tu te sens devenir folle; tu paniques dans le noir;
Tu t'écorches la poitrine, les bras, sans le voir.
Puis tu te décides; tu vas sur les flots.
Et enfin apaisée, tu reposes au fond des eaux.
---